ORROZ & Dépendances
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De la part d'une ex-conjointe

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pleiades




Inscrit le : 07 Déc 2005
Messages : 16
Région : rhone alpes

MessageSujet: De la part d'une ex-conjointe   Mer 7 Déc à 19:48

Bonjour à toutes et à tous

D’abord, merci à orroz d’avoir créé ce site salutaire, même si je me demande pourquoi ce gentil zorro avance masqué – psy, d’accord, mais lequel : psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute, psychologue… Si je me permets d’être critique, c’est que malgré le sérieux apparent de ce site, je ne peux m’empêcher d’être craintive, de penser que peut-être, orroz est encore plus pervers que les plus pervers… Vous savez, comme quelqu’un qui ferait l’âne pour avoir du son. Et si peu de questionnements chez les personnes qui témoignent. Qui est-il ? En gros, peut-on, puis-je, lui faire confiance ? Ainsi qu’à vous toutes et tous ? Je crois que je suis « bouffée » par la méfiance, voilà la vérité… mais j’y vais quand même, de toutes façons, ce ne sera pas pire que ce que j’ai vécu (sachant que je ne perds pas de vue que « ce que j’ai vécu » n’est rien en comparaison de ce que vivent les femmes dans d’autres contextes géographiques et sociaux… Mais cela n’enlève rien à ma souffrance intime).
Bon.
Je ne sais par où commencer. Moi ? Lui ? Nous ? Pendant ? Après ?
Je crois que je vais commencer par expliquer où j’en suis, actuellement.
39 ans, hébergée chez ma mère, au chômage, heureusement ( ?) sans enfants, en début de thérapie. Seule depuis mi-juillet, c’est-à-dire depuis bientôt 4 mois – déjà, seulement. Après 4 années de doutes, de soupçons, de souffrance morale et de dissimulation.
4 années où j’ai voulu construire, quoi qu’il m’en coûte, envers et contre tout, en dépit de tout. Construire mon couple, « réussir mon couple », était un défi et une fierté, dans une histoire familiale pleine de trahisons, d’infidélités, de femmes/mères seules… Comment cela a-t-il pu arriver ? M’arriver, à moi ?
Je ne sais pas ce que j’attends, ce que j’espère, de ma participation au forum.
Mes motivations : essayer de comprendre ce qui m’est arrivé, trouver de la compassion et du partage, réfléchir à des pistes de « solution ». Ce que je veux partager, c’est mon expérience, et ce que je veux proposer, même si je pense que le sevrage est essentiel, c’est la reconnaissance « officielle » de ce comportement (la pornodépendance) comme une pathologie grave et dangereuse, au même titre que les coups ou le harcèlement, et donc répréhensible pénalement. Je crois savoir que orroz ne sera pas forcément d’accord (comment définir légal ou illégal qq chose que l’on ne peut contrôler et qui relève foncièrement de la sphère privée ?). Mais à la lecture de certains témoignages de conjointes, les situations décrites et les mots employés s’apparentent vraiment à ceux décrits par les (femmes) victimes de violences conjugales, qui, comme le rappelle le site http://www.ajc-violence.org/, ont comme seul rempart la loi. Avant de découvrir le site d’orroz, et donc de découvrir que la pornodépendance est une véritable pandémie et pas seulement un comportement isolé (en l’occurrence, celui de mon ex-compagnon), je pensais n’avoir vécu « que » la même affreuse et sordide histoire que les femmes battues : soumission à un acte que l’on n’accepte pas, et incapacité totale de réagir et d’agir pour y échapper. Je me suis reconnue dans la description des victimes de violences (voir site ajc-violence). Aujourd’hui, je pense toujours être une victime, mais avec une meilleure compréhension de mon bourreau (je ne sais pas si cela va m’être très utile, mais enfin, je crois que ça me fait du bien !). Et à ce titre, je voudrais vraiment que la pornodépendance soit reconnue comme une violence faite aux femmes (car peu ou pas d’hommes, me semble-t-il, dans les témoignages de conjoints). A ce propos, j’ai une question pour orroz et dora : le dossier que vous avez constitué, et transmis aux « autorités compétentes », que devient-il ? et quel objectif vise-t-il ? Je suis très intéressée par l’aspect « institutionnel » de la prise en compte de la pornodépendance. Je sais que si je suis aussi « radicale », c’est parce que pour moi, pour notre couple, il est trop tard. Mais sincèrement, je suis aussi quelqu’un qui me suis toujours engagée, et là, mon histoire personnelle me donne envie de me battre pour les autres – donc, sevrage, oui, mais aussi, reconnaissance des préjudices subis par les conjoint(e)s quand la pornodépendance provoque l’éclatement de la famille (comme c’est le cas je crois pour 3 divorces américains sur 4).
Le sujet « aider un ex ? » m’a interpellée, mais je crois que je ne suis pas encore prête à envisager de l’excuser, voire le pardonner, et donc, de l’aider. D’autant que je crois que j’ai toujours un fort sentiment pour lui, malgré tout – et ça, de le dire, de le savoir, ça me fait si mal : comment puis-je encore éprouvé une émotion affective ? Et puis, c’est lui qui m’a quittée, même si c’est moi suis partie (je raconterai mon/notre histoire une autre fois). Et j’ai aussi une petite gêne à utiliser internet pour m’épancher, car c’est par internet que tout a commencé, que tout s’est passé, et que tout a fini – donc, mauvais karma, internet et moi…
Merci à celles et ceux qui me liront (je suis une vraie pipelette, mais il y a aussi tellement à dire), et merci pour vos réactions à venir.
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julie




Inscrit le : 20 Sep 2005
Messages : 139

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Mer 7 Déc à 23:14

Bonsoir,

Je voulais juste te dire que j'ai bien lu ton message, et j'y répondrais plus longuement certainement demain ... soir ... Wink
Juste une chose : je trouve que le terme "bourreau" n'est pas approprié dans le cas de dépendants sexuels ...
Oui il nous font du mal mais ça n'est pas volontaire ! Je ne suis pas non plus pour les considérer comme des victimes (je trouve que les conjoint(e)s en tant que victimes passent avant, mais bon ... le point de départ c'est eux) ...

Citation:
Et à ce titre, je voudrais vraiment que la pornodépendance soit reconnue comme une violence faite aux femmes


pour moi il s'agit plus d'une violence faite à la société, et je n'ai absolument AUCUN espoir que ça change Sad

J'espère que tu trouveras sur ce forum toute l'aide que tu pourras avoir ...
Oui tu es radicale, mais c'est parce que tu es abimée ... alors on peut comprendre ...

@ bientôt I love you
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Spirit




Inscrit le : 02 Déc 2005
Messages : 62
Région : Québec, Canada

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 5:01

Chère Pleiades,

Construire et réussir ton couple était un défi et une fierté, dans le cadre de ton histoire familiale pleine d'infidélités et de trahisons.

Mais voilà, le jeu était perdu à l'avance. Car de cette histoire familiale sont nées les blessures d'amour qui allaient t'attirer inexorablement le conjoint dysfonctionnel que tu as eue.

Voilà le côté à la fois terrible et merveilleux de ton histoire.

Terrible parce que finalement la source du problème, c'est TOI. Tes dysfonctions ont attiré un dysfonctionnel. L'univers, dans son infinie bonté, ne pouvait se résoudre à te laisser vivre une vie où tu aurais été incomplète, ignorante de la personne merveilleuse que tu es vraiment. Alors elle t'a couplée avec un dépendant afin de t'obliger à aller au-dedans de toi-même, pour que tu découvres qui tu es vraiment, et la valeur infinie que tu as vraiment indépendamment de l'opinion du monde extérieur.

Et c'est à la fois ce qui est merveilleux. Car si tu es l'artisane de tes propres malheurs, alors cela signifie que tu es maître de ta propre vie, que tu as le pouvoir IMMÉDIAT et INALIÉNABLE de transformer ton coeur, de construire ce qui est incomplet en toi, de RÉVOLUTIONNER ton existence, par la conscience de tes propres blessures.

Évidemment, tout cela n'enlève rien au fait que ton ex ne t'a pas donné l'amour et l'attention que tu méritais.

Sauf que...

Pour lui et pour les autres dépendants, tu ne peux rien. Alors inutile de gaspiller ton énergie de ce côté.

La véritable aventure, extraordinaire, est celle de ta propre recherche intérieure, celle qui t'amènera à t'aimer toi-même.

Et lorsque ton amour pour toi-même sera immense et sans compromis, alors tu trouvera le prince charmant qui t'aimera comme tu SAURA le mériter.

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orroz




Inscrit le : 16 Mai 2005
Messages : 567

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 9:14

pleiades a écrit:

D’abord, merci à orroz d’avoir créé ce site salutaire, même si je me demande pourquoi ce gentil zorro avance masqué – psy, d’accord, mais lequel : psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute, psychologue… Si je me permets d’être critique, c’est que malgré le sérieux apparent de ce site, je ne peux m’empêcher d’être craintive, de penser que peut-être, orroz est encore plus pervers que les plus pervers… Vous savez, comme quelqu’un qui ferait l’âne pour avoir du son. Et si peu de questionnements chez les personnes qui témoignent. Qui est-il ? En gros, peut-on, puis-je, lui faire confiance ?.

On voit que tu es nouvelle car sur ce Forum, certains m'ont déjà posé la question et émis des doutes; donc je te laisse fouiller c'est dans les pages tout en bas quelque part... Mr.Red
Je suis thérapeute, spécialisé dans les addictions (entre autres) et si je reste anonyme c'est d'une part pour ne pas avoir des coups de fil tous les jours à mon cabinet qui est déjà bien plein tous les jours et d'autre part je crains (sans être parano) que la mafia du porno n'apprécie pas vraiment ma démarche ! Maintenant, si tu lis les réponses de ce Forum (plus de 500) tu apprendras à me connaître et si tu te fies à ton ressenti, tu verras ok ? Wink
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Jozefa




Inscrit le : 10 Juin 2005
Messages : 198

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 14:23

lol! Orroz faisant l’âne pour avoir du son lol! Le seul son que je lui offre, c’est celui des chansonnettes que je pousse parfois au gré de mes humeurs, sur le forum lol! N'empêche que je le remercie, beaucoup beaucoup.
Quant à moi… Je suis arrivée ici comme toi et pourtant je ne me méfie pas de toi.
Toi après 4 mois de séparation, moi après deux ans… Deux ans et je n’avais toujours pas digéré. Parce que je ne connaissais aucune autre femme dans mon cas, et que je n’avais jamais entendu d’autre dépendant que mon mari s’exprimer -dans une certaine mesure- sur cette addiction. C’est ici, sur ce forum, que j’ai pris conscience qu’à cause semblable, effet analogue.
Je te laisse le temps de lire, tu verras, tu te feras ta propre opinion sur Orroz, sur ce forum et sur ceux qui se débattent avec le porno, qu’ils soient dépendants ou conjoints.
Je te souhaite de t’en sortir, toi aussi. Bienvenue et bonne chance !
_________________
Que dit ta conscience ? - «Tu dois devenir celui que tu es.» (Nietszche)
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pleiades




Inscrit le : 07 Déc 2005
Messages : 16
Région : rhone alpes

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 14:31

C'est la première fois que je vais sur un forum - si si !!! Je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne, alors je vais répondre en même temps à tt le monde en espérant que mon message passe bien.

orroz, si j'ai mis en doute ton intégrité c'était plus par principe que par réelle mise en cause : je m'étais promis que si j'allais sur le forum, je commencerai par ce questionnement, qui était très présent, et sans lequel je ne serai pas "tranquille". Maintenant que c'est fait, je peux y aller. Concernant le dossier, peux-tu me donner des infos ?

manue : pour sûr que les conjoint(e)s sont les premières victimes des dépendants sexuels - cela va presque sans dire ! mais je ne suis pas d'accord Re leur irresponsabilité (faire du mal involontairement). je pense que l'être humain/l'individu, les humains/les citoyens, sont responsables de l'usage qu'ils font de la liberté qu'il leur est "donnée". A mes yeux, internet est un outil de travail et de communication extra, une ouverture sur le monde et une médiathèque géante - je l'utilise ainsi. Vous savez, c'est comme le couteau à lame tranchante : soit on l'utilise pour ciseler la coriandre (dans la cuisine thai, miam) soit on l'utilise pour trancher la gorge de quelqu'un (quel exemple, vraiment !...). Et bien, dans les deux cas, celui ou celle qui "choisit" le mauvais usage de l'outil est une personne malade, c'est évident (le passage à l'acte témoigne d'un esprit un peu perturbé, c'est rien de le dire), mais je pense vraiment qu'en aucun cas, cette pathologie individuelle ne peut excuser le délit, qui doit être sanctionné, pour le bien commun et l'intérêt général. "Violence faite à la société" : que nenni. je crois que s'il ya a violence faite à la société, c'est par l'industrie du sexe (la pornographie sur internet, la video, le ciné, la prostitution, etc...), là oui, et comme vous, j'ai peu d'espoir que ça change : la "mafia du porno" est puissante, qui oblige orroz à mener son combat anonymement. Ensuite, l'usage qu'en fait chaque individu est libre - conscient ou non, volontaire ou non, malade ou non, mais en tous cas, responsable. C'est mon avis !!!

spirit, ce que tu me dis me fait un bien fou (même si c'est un peu raide que ce soit moi qui ai provoqué tout ça - que le "jeu était perdu d'avance", tu te rends compte de ce que tu dis !!! là je ne suis pas d'accord du tout ! moi je crois que tout combat mérite d'être mené, que les choses ne sont acquises et je fuis le déterminisme comme la peste - tout est changement, y compris le destin !), mais si je suis ok sur le fond, la forme me gêne un peu aux entournures : le côté "ésotérique" de ton message ne me parle pas du tout. Pourtant, je suis pratiquante de qi gong, je puise ma force et ma paix de l'esprit dans le tao, et suis une grande adepte des médecines naturelles. Mais je suis une indécrottable pragmatique quand il s'agit de "parler des choses". Quant au prince charmant, alors là... que dire ???!!! Je ne veux pas "mériter" d'être aimée par le prince charmant !!! Quelle horreur !!! Quelle horrible perspective...!

J'arrête là - ça me plait, finalement, le forum - ça permet d'évacuer pas mal de choses je crois, et j'avoue que je suis surprise par la qualité des échanges. C'est chouette. Mais cela va-t-il réellement m'aider ?
Je voudrais terminer avec ça : "J'ai vécu 4 ans avec un porno-dépendant, et maintenant, je dois ME guérir de SA maladie". C'est pas un comble ça ?! C'est pourant que je ressens, profondément.
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pleiades




Inscrit le : 07 Déc 2005
Messages : 16
Région : rhone alpes

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 14:37

jozefa, je viens juste de voir ton message en envoyant le mien - je vois qu'orroz a ses propres zorros !!! tant mieux !!! c'est vrai que la méfiance ne semble pas être très présente sur le site d'orroz, et tant mieux - car je te le dis, ça fait du bien de pouvoir se comporter de nouveau dans un climat sain.

je veux en savoir plus !!!! je vais lire tous tes messages (mais pas aujourd'hui !) !

C'est si bon, sincèrement, de se sentir comprise et (malheureusement) faisant d'une communauté vivant les mêmes choses.
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Spirit




Inscrit le : 02 Déc 2005
Messages : 62
Région : Québec, Canada

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 16:55

Chère Pleiades,

Je suis d'accord que tout combat mérite d'être mené. Tu as parfaitement raison et tout comme toi je refuse tout fatalisme.

Cependant, combattre pour créer une famille fonctionnelle alors que ton coeur a été lacéré par ta propre histoire familiale dysfonctionnelle est une mission impossible.

Pas impossible à cause d'un quelconques fatalisme.

Impossible parce que ton combat consistait à donner des coups d'épée dans l'eau. Alors que dans l'eau il n'y a pas d'ennemi, sinon ton propre reflet.

Mon langage n'est pas si ésotérique qu'il peut sembler l'être. Si on pouvait sonder le coeur de toutes ces femmes qui ont fréquenté un ou des conjoints dépendants, violents, abuseurs, manipulateurs, etc... on découvrirait une constante: le manque d'amour pour elles-mêmes, le manque de confiance en elles-mêmes... qui attire naturellement des êtres qui viendront réaffirmer la piètre image qu'elles ont d'elles-mêmes, de par des comportements destructeurs ou abusifs.

Une femme absolument confiante en elle, s'aimant et se respectant sans compromis, NE PEUT PAS attirer un sexolique, un alcoolique, un violent, un abuseur ou qui que ce soit de cet acabit. Car ces individus ressentent l'amour et la confiance de ce genre de femmes et se sentent menacés. Mais dès qu'une femme doute de sa valeur (à cause d'une histoire personnelle qui lui a fait croire qu'elle ne valait pas suffisamment), elle risque de s'attirer ce genre de mecs pas commodes. Des mecs comme nous, qui ne sommes pas diaboliques mais simplement blessés nous-mêmes.

C'est pour cette raison que j'ai osé affirmé que TU étais la cause de tes soucis. Ca ne veut pas dire que tu es COUPABLE et MÉCHANTE. Cela signifie simplement que si tu cherche la causalité d'où ton problème est issu, tu perdra ton temps à chercher à l'extérieur de toi-même. Tu continueras à lancer des coups d'épée dans l'eau, dans les airs, dans le néant. Et tu trouvera à nouveau un mec avec des problèmes similaires. Jusqu'à ce que tu tourne l'épée vers l'intérieur. Non pas vers toi-même qui est extraordinaire et au-dessus de toute faute, mais vers les mensonges qui t'habitent, faussent ton image de toi-même et du monde, et t'empêchent d'atteindre ton plein potentiel.

Pensez-y. Ca peut avoir des allures métaphysiques. Mais dans le concret, dans le pragmatique dont tu rafolles autant que moi, tu verras que TOUT est là. La problème et la solution sont en toi. Quel POUVOIR merveilleux tu as! Je m'en réjouis. Tu n'es plus une victime mais une reine de ton propre univers. Profite donc de ta royauté pour faire tomber un décret de mort contre ces ombres qui te hantent, contre ce dragon qui t'habite. Comme la reine dans Alice au Pays des Merveilles, crie haut et fort: "Qu'on lui coupe la tête"!

Bon courage. Nous sommes avec toi.

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julie




Inscrit le : 20 Sep 2005
Messages : 139

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 17:38

Citation:
mais je pense vraiment qu'en aucun cas, cette pathologie individuelle ne peut excuser le délit, qui doit être sanctionné, pour le bien commun et l'intérêt général


... PUNI ???? Et comment ? Tu veux que je porte plainte contre mon mari pour m'avoir salie, humiliée et bafouée pendant 6 ans ? Y'a des dommages et intérêts pour ça hummm ?
J'ai CHOISI de rester avec, parce que je l'aime et je veux qu'il s'en sorte, pour nous, pour notre famille, pour moi aussi, on ne peut pas sanctionner dans ce cas là voyons ! Il se sent déja bien coupable comme ça, et en rajouter ne servirait à rien je crois ...


Citation:
"Violence faite à la société" : que nenni. je crois que s'il ya a violence faite à la société, c'est par l'industrie du sexe (la pornographie sur internet, la video, le ciné, la prostitution, etc...), là oui, et comme vous, j'ai peu d'espoir que ça change : la "mafia du porno" est puissante


... c'est bien ce que je pense aussi (et c'est ce que je disais Wink ) Sad Et c'est par l'industrie du sexe que les dépendants sont attirés, ils deviennent consommateurs dépendants de porno ! C'EST une violence à la société, car c'est accessible, de plus en plus, par tous et partout ... Sad
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pleiades




Inscrit le : 07 Déc 2005
Messages : 16
Région : rhone alpes

MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 21:13

manue et spirit, je vous répondrais plus tard - car je viens d'écrire une très très longue "confession", que je livre maintenant. Je ne la relis pas.

Pour que ceux qui me lisent en sachent plus – et tant pis si quelqu’un me reconnaît ou le reconnaît – de toutes façons, je voudrais le crier à la face du monde :
J’ai rencontré A. quand j’avais 34 ans. J’habitais une jolie petite maison (que je louais) dans la garrigue, au pieds des Alpilles (ie vers les Baux de Provence). J’étais accompagnatrice à l’emploi auprès des personnes bénéficiaires des minimas sociaux (rmi, etc…). Un boulot bien payé, avec plein d’avantages. J’avais des potes, des ami(e)s. Mais je n’avais pas d’amoureux « à temps plein » et ça me manquait vraiment (j’ai vécu en couple très jeune, de 17 à 20 ans, puis de 22 à 23 ans, puis après, rien que des relations courtes et variées). Alors, j’en ai cherché un… sur internet (nous étions tous 2 abonnés d’aol, et je lui avais envoyé un message en me présentant succintement – absolument mordue des Anglais, j’avais cherché ceux qui habitaient en France – lui, était en Normandie). Et j’ai rencontré A . de cette façon, en même temps qu’un petit gars qui travaillait à côté de mon boulot me faisait du gringue – vous savez, le syndrome de « tout arrive en même temps »…). Et j’ai « choisi le mauvais cheval »… J’ai choisi le virtuel (à 1000 bornes de distance, on s’est vu une fois par mois pendant 1 an, avant qu’il ne vienne vivre chez moi, dans le sud…) et l’illusion (enfin, je l’avais, mon Anglais, et je l’adorais…), plutôt que la réalité tangible et concrète (qui n’aurait paut-être pas duré !).
Quand je l’ai rencontré, A., il avait 39 ans. Il était au RMI, maçon au black, seul avec son fils de 11 ans, divorcé de la mère de son fils, qui avait 3 autres enfants d’un autre mariage, et récemment (2 mois) séparé d’une femme qui avait 3 enfants, avec laquelle il avait vécu 6 ans et habitait une maison en travaux éternels. Pratiquant d’arts martiaux. Passionné par l’Asie. Beau mec, en plus.
C’est lui qui est descendu, car j’ai essayé de monter en Normandie, mais c’était vraiment pas possible… Son fils est retourné vivre chez sa mère – je n’y suis pour rien ! Comme c’était ma partie, puisque j’étais conseillère en emploi et formation, je lui ai trouvé un job, et comme il rêvait de « se réaliser », je l’ai aidé à trouver son « projet professionnel » : c’était devenir médecin traditionnel chinois. J’ai créé une association d’arts martiaux pour qu’il puisse pratiquer et donner des cours, et ainsi financer sa formation. Je l’ai soutenu, motivé.
(événements : avortement – licenciement et saisie des prudhommes)
Au bout de quelques mois, en jetant un œil sur un relevé de compte (ce que je ne faisais quasiment jamais), j’ai découvert qu’il y avait eu des achats de k7 porno, avec sa carte bleue – sur les relevés des mois précédents aussi. J’étais abasourdie. A mes questions, il m’a juré ses grands dieux que ce n’était pas lui, que c’était sûrement quand il avait commandé un bouquin pour moi sur amazon que son N) de carte avait été « détourné », que je devais le croire… Nous avons été ensemble à la banque, nous avons fait rembourser les achats, changer sa carte bleue…
Je l’ai cru – j’ai commencé à me boucher les yeux et à faire l’autruche, oui.
(événements : déménagement – ouverture d’une galerie d’art avec les indemnités des prudhommes et appartement dans une petite ville du Vaucluse – fermeture de la galerie – déprime…)
Un an plus tard, alors que j’étais dans notre chambre, je vais dans le bureau pour lui dire je ne sais plus quoi… et il était là, devant son écran, regardant un site porno. Il a changé de suite d’image, mais j’avais eu le temps de voir. J’ai pu juste dire « c’est pas vrai » et je me suis murée dans le silence. Lui aussi. Puis, ça a été horrible. Des questions, des pleurs, des cris. Des justifications, des dénis, des mensonges (« je le fais seulement depuis 1 ou 2 mois », « c’est parce que ce qu’on vit en ce moment n’est pas facile », « parce j’ai besoin de voir des belles choses » - merci pour moi, d’une part, et trouver belles ces choses, faut être calu…) Je ne sais même pas comment j’ai fait pour vivre ça. A y penser maintenant, ça m’effraie. J’étais sacrément mal pour supporter ça.
Je suis restée.
(événements : déménagement – gérance d’un gite de groupe et gite d’enfants en Ardèche – l’entreprise est à son nom – quelle conne)
Un an et demi plus tard, alors qu’il était en weekend de formation, donc absent, et que j’étais sur l’ordi pour faire le site du gîte, je découvre que dans l’historique de la semaine, il y avait des sites au nom explicite, et au contenu non moins explicite… Même pas effacés ! Il m’avait menti, il continuait, et ne cherchait même pas à dissimuler les preuves. J’étais folle. Et je suis remontée dans l’historique de l’ordi jusqu’à l’année précédente, et il n’avait jamais arrêté. Pendant la saison de gite d’enfants, il était sur ces sites pendant que je préparais le petit-déj à 6h dumat, il y était l’après-midi pendant la pause avec les anim, il y était le soir pendant notre réunion d’équipe (il s’absentait pendant un moment, disant « je vais un peu à la maison », je comprenais, moi aussi des fois, j’aimais aller me détendre chez nous, juste respirer le calme et jouer avec nos chats… je n’y ai vu que du feu…). La veille, encore, pendant que j’étais allée faire des courses. Dès qu’il le pouvait, en fait. Là, ça a été encore plus horrible. Tout s’est écroulé. Notre couple, notre vie, notre projet commun… Tout. Je lui ai téléphoné. Il a commencé par nier. Puis il a « avoué ». Sans se justifier, même pas culpabilisé, juste emmerdé que je l’ai encore une fois découvert. Etouffant de larmes, de douleur intérieure et n’en pouvant plus de ce secret, car c’était bien un secret que je portais, j’ai alors appelé une amie, et je lui ai dit. Elle n’en revenait pas, elle le connaissait et elle était dégoûtée. Pas autant que moi. Le lendemain, quand il rentré, ça a été LA discussion, j’ai tout appris : qu’il faisait ça depuis longtemps, que ça n’avait rien à voir avec moi, avec nous, que même s’il arrêtait, ça ne changerait rien à notre vie sexuelle si inexistante, que ça n’avait rien à voir avec ça (pour lui, pas de cause à effet, donc), que j’étais la première à le savoir ( ?). Nous avons parlé toute la nuit – et le jour d’après, et encore après. J’en avais besoin. Je lui ai proposé d’aller voir un psy ensemble, il était d’accord et puis finalement, c’est moi qui lui ai dit que non, que c’était notre histoire, qu’il fallait qu’on arrive à résoudre son problème nous-mêmes, avec notre amour et tout et tout, que ça concernait notre couple. Je crois que j’avais tellement honte. Pour lui, pour moi. Je passe sur comment je me suis sentie (humiliée, bafouée, salie, niée, trompée, trahie, moche…). Il m’a dit qu’il arrêtait, pas parce que c’était anormal ou mal, mais parce qu’il voyait que ça me faisait si mal. Bien que refusant de se dire « malade », il m’a dit à plusieurs reprises, après, quand je le questionnais, « mais non, je te dis, je suis guéri » - quel terme, pour qq1 qui n’est pas malade…
Auparavant, je n’avais jamais, JAMAIS, été vérifié sur notre ordi s’il y avait des « traces ». Bien sûr, je ne pouvais oublier ce que je savais, j’y pensais sans cesse (en particulier le soir, ou quand nous faisions l’amour, de moins en moins souvent, et de moins en moins bien…), et ça me bouffait la tête. Déjà de nature pas très confiante, j’étais devenue d’une jalousie terrible. Mais j’étais restée, je l’aimais, il m’avait demandé de le croire, je n’avais pas de raison d’aller contrôler – peut-être par peur, je me dis, maintenant (à présent, je crois que j’aurais eu toutes les raisons de le faire, ça aurait peut-être évité le pire… c’est-à-dire notre séparation…). Mais à partir de ce moment-là, j’ai été dans le soupçon, dans le doute permanent, dans la méfiance. A chaque fois que j’allais qq part, je lui demandais si je pouvais le laiser seul… Quelle horreur. J’étais sur son dos tout le temps. Et nous engueulions de plus en plus. En employant des insultes. L’enfer. Pour tous les deux. J’vais cru pouvoir l’aider, mais je m’étais crue trop forte – je n’ai pas tenu le choc. C’est là que je regrette de ne pas avoir connu le site d’orroz à ce moment-là, ou même avant – mais ça, je ne veux pas y penser, ça me fait trop mal : et s’il y avait eu quelque chose à sauver, malgré tout… ce serait trop horrible.
Une nuit de juiller dernier, alors qu’il revenait d’une semaine de regroupement pour sa formation, j’ai été sur l’ordi pour retirer le courrier (les parents des enfants nous envoyaient des messages) – et le premier message qui s’est affiché, c’était pour lui, et le seul contenu du message était un portrait de nana. Gloups. A mes questions incessantes, il a fini par craquer. Et m’a dit que oui, il avait rencontré quelqu’un, que de toutes façons, il n’en pouvait plus et avait décidé de me le dire mais qu’il préférait attendre la fin de la saison (sympa, hein…), que « c’était une jolie fille pleine de qualités » (re-sympa, hein…), et qu’il ne m’aimait plus. Alors là, ça a été le déclic et j’ai quelques cliques et claques, et je suis partie, à 4 h du mat. Ma seule raison d’être là, dans cet endroit, c’était mon amour pour lui, et son amour pour moi. Les autres fois, quand j’étais partie puis revenue (plusieurs fois), il m’avait toujours dit « je t’aime ». Et ça justifiait que je reste. Mais, s’il ne m’aimait plus, je ne pouvais pas rester. Et il m’a dit ce qu’il fallait pour que je parte. C’est pour ça que je dis que c’est lui qui m’a quittée, mais que c’est moi qui suis partie. Drôle (sic) de situation, hein.
Aujourd’hui, j’ai tout perdu : mon compagnon, mon boulot, mon logement… Mon intégrité et mon insouciance, aussi. Et je ne sais plus ce que je vaux, ce que je veux, ce que je dois faire… Bien sûr, je l’ai dit à quelques personnes, ce qui m’est arrivé. Mais je vis avec ça, et je veux retrouver le goût de vivre. Et même si ce n’est pas ma préoccupation première, car je n’ai jamais vu de sites pédophiles dans ceux qu’il visitait, je suis inquiète, car il est gérant d’un gîte d’enfants, avec une fonction éducative et pédagogique – et que je ne suis plus là pour parer à tout… Déjà, que je m’en veux d’avoir fait ça avec lui… J’ai tenté d’alerter certaines institutions, mais en vain… Les sites pornos sont légaux, tant qu’il n’y a pas d’atteintes aux enfants, et tant que c’est un adulte qui les utilise. Et merde.
Sans parler de son futur métier – médecin. Je pense, et je le lui ai dit,qu’il ne fera jamais un bon thérapeute tant qu’il ne se soignera pas. On ne peut pas soigner les autres quand on ne les aime pas, et on ne peut pas aimer les autres quand on ne s’aime pas soi-même – cliché, mais vérité.
Je veux juste dire que le soir où je suis partie, je ne lui ai dit que des paroles d’amour – à part « t’es quand même un bel enfoiré ». Et je suis fière de ça, même si parfois, je regrette de ne pas l’avoir insulté. Il m’a fait si mal.
Ouf. Merci à ceux qui ont tout lu.
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pleiades




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 21:14

je ne me suis pas relue, mais je sais que j'ai oublié qq chose : A. a été ma plus belle insertion réussie, en tant qu'accompagnatrice à l'emploi ! un peu d'humour, quoi... ( Crying or Very sad )
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julie




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 21:56

Ton histoire, malheureusement, est la même que celle de toutes les conjointes de dépendants, à ça près que vous n'êtes plus ensemble aujourd'hui ... Quel beau et gros gâchis hein ... Sad

Je suis désolée, de ne savoir quoi te dire, et puis je suis mal placée je crois je n'aurais pas eu ton courage pour tout plaquer ...

Il faut que tu te reconstruises, et pour ça il te faut des armes, et je crois que sur ce forum c'est ce que nous essayons toutes de faire ... alors reste avec nous s'il te plait, on a besoin de toi aussi !

Je ne sais pas quoi te dire d'autre désolée, j'ai plutôt envie de hurler là Sad

Manue I love you
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Don Quichotte




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 23:00

Pléiades,

Salut,

Je ne peux dire plus que Manue car elle résume bien et je ne peux que l'appuyer. Même si je lis dans certain témoignage des dépendants que ce n'est pas si pire pour nous, je crois qu'il devrait lire autant la partie des femmes car dans ton témoignage comme dans plusieurs autres tout est là.

Le forum aide beaucoup à comprendre, à remettre en perspective et nous désensibiliser peu à peu que nous les femmes de dépendants, ne sommes pas le problème. Ça aide à faire un petit pas dans la reconstruction de soi, un jour à la fois.

Dommage que vous ne soyez plus ensemble, il n'a pas compris et malheureusement on est toute sujette au même déroulement tant que notre conjoint se sent assez bien dans son addiction et continu à nier, il n'en a pas assez souffert encore.
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amy




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Jeu 8 Déc à 23:19

Pléiades,

J'ai lu toute ton histoire. Je compatis à tes douleurs. Et je veux aussi te dire : BRAVO ! pour tout ce que tu as fait pour cet homme et surtout pour le choix que tu as fait pour toi même. D'abord te protéger et ensuite te reconstruire, et la reconstruction est possible !

Tu y arriveras, j'en suis certaine!
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Spirit




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 1:38

Ton histoire me trouble car j'ai longtemps ressemblé à ton ex.

J'étais un bel enfoiré, pour reprendre ton expression. Dégringolade, mensonges, justifications... j'ai connu cet enfer où le dépendant autant que sa conjointe ont l'impression que tout va sauter dans leur tête.

La bonne nouvelle, c'est que tu es la même femme qu'avant de le rencontrer. Tu as les mêmes qualités, les mêmes forces, la même beauté. Il y a simplement un grand ménage à faire pour faire briller ton esprit à nouveau. Et ce processus n'a pas à être long, pénible et laborieux. Il peut être une quête formidable, où chaque jour te donne l'occasion de te redécouvrir et de réaliser à quel point tu as beaucoup de valeur.

Je crois que c'est une bonne chose que tu l'aie quitté sans l'insulter. Tu es sortie de ce combat la tête haute, avec toute la dignité et la force qui te caractérisent. Ne regrette jamais cette attitude, elle est tout en ton honneur.

Ne regrette pas non plus de ne pas avoir connu Orroz avant. Tu n'étais pas le Messie pour sauver ton couple. Tu AS TOUT DONNÉ et cela n'a pas porté fruit. Tant pis. Cet homme a raté la chance de sa vie. Et toi tu demeure la même, avec une destinée pleine de promesses.

La morale de toute cette histoire: méfiez-vous des anglais. Mr. Green

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madeinfrance




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 13:28

bonjour Pleiade,

Ton histoire sert aussi à certaines personnes, et comprendre que dans certains cas, on ne peut rien, et si on ne peut supporter de continuer de vivre avec un dépendant, le seul choix est la cassure, pour pouvoir se reconstruire.
Je pense être avec aussi un " noyau dur", je ne le vis pas bien , mais étant suivie moi même, je peux dire que je peux faire avec pour le moment.
Mais si çà dure, l'après est aussi pour moi, comment vais je pouvoir le gerer?
çà laisse à réfléchir, mais un jour à la fois pour moi aussi à cet instant.
Tu m'as énormément touchée Pleiade.
Penses à toi.
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pleiades




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 15:36

Que de québécois qur ce forum !!! Est-ce le miracle de la francophonie ? Alors, à quand les témoignages d’africains et autres francophones ? voici un lien vers la page d’un étudiant tchadien expatrié, qui fait part lui aussi de ses craintes re la pornodépendance – j’ai apprécié son texte, assez « soft », réaliste et progressiste pour quelqu’un venant d’un pays musulman – non ? http://www.tchadforum.com/?page=chronique&aid=158
Bon, alors, à nous.
« puni », « dommages et intérêts »… ce sont tes mots, manue, pas les miens. Si je sohaite la reconnaissance de la pornodépendance comme délit répréhensible, ce n’est surement pas en vue d’obtenir des indemnités – d’ailleurs, aucune indemnité pécunière ne saurait équivaloir aux préjudices moraux, psychiques et parfois physiques subis. En revanche, sanctionner la personne qui t’a humiliée, bafouée, salie…., ça je crois que c’est important. N’ayant pas de formation spécifique juridique, je ne sais même pas si cela entrerait dans le cadre du code pénal, du code civil, et je ne suis pas en mesure de penser à la nature de cette sanction. Mais je crois que peut s’appliquer l’idée de « protéger la personne du danger qu’elle représente pour elle-même et pour ceux qui l’entourent », et que si la société, au cours d’une audience de justice (devant le JAF, par exemple), mettait la personne porno-dépendante devant ses responsabilités de conjoint(e), de parent, et de citoyen, en l’obligeant à un sevrage au sein de sa famille et parallèlement à un suivi psychologique, ce serait bien. Un peu comme les femmes victimes de violences parviennent (parfois) à le faire faire pour leur « bourreau » (moi, je suis assez ok pour ce terme, qui colle avec ceux que nous employons, conjoint(e)s de dépendants : détruit(e)s, déconstruit(e)s, anéanti(e)s, mort(e)s au monde…). L’obligation de se soigner, de faire appel à un médiateur pour rétablir une communication… Je sais que la majorité des conjointes sur ce forum ne sont pas du tout dans cette démarche-là, et je pense que c’est dommage. Plus la société, civile, politique, institutionelle, prendra en compte la porno-dépendance, plus il sera « facile » d’y faire face. Encore une fois, le fait d’être malade n’est ni une excuse, ni une raison : c’est une explication (comme le dit jozefa dans un de ses messages), mais qui n’empêche en rien le fait de devoir assumer « officiellement » les conséquences de ses actes, et les conséquences des actes d’un(e) porno-dépendant(e), c’est en premier lieu la mise à mal de sa/son conjoint(e), puis de ses enfants le cas échéant, puis de sa famille et de tout son environnement à terme.
Merci à ceux qui ont lu mon histoire – et encore, j’en ai oublié…
Je suis touchée, à mon tour, par vos réactions. Des encouragements, des félicitations, même, pour ce que j’ai fait. Merci. Mais vous savez, dans tous les cas, je n’avais pas le choix d’agoir autrement que comme je l’ai fait : ce que j’ai pour A., c’était pour lui, pour nous, parce que je l’aimais – ce que j’ai subi et supporté, c’était pour lui, pour nous, parce que je l’aimais – et ce que j’ai quitté, c’était pour moi, parce que je l’aimais et qu’il ne m’aimait plus. Aucune gloriole là-dedans.
Manue, où en es-tu toi ? encore en couple alors ? tu veux bien raconter, ou m’indiquer à quel endroit du forum je peux trouver ton témoignage ?
Amy, si je comprends bien, tu as aussi quitté ton compagnon – c’était il y a longtemps ? comment en es-tu arrivée là ? pourquoi a-t-on, même séparé(e)s de notre « bourreau », le besoin d’y penser encore et encore, et de replonger dedans via un forum comme celui-là – n’est-ce pas encore un symptome de masochisme ?
Spirit, si tu te reconnais dans le portrait de A. (comme sans doute bcp d’autres s’y reconnaitraient hélas), alors tiens bon et redeviens « normal » – car c’est la seule solution.
Madeinfrance – « dans certains cas on ne peut rien » -vraiment, je ne suis pas convaincue que les choses sont à ce point immuables – là aussi, la loi du changement s’applique, la loi de l’impermanence des choses. Pour moi, ça a aboutit à la cassure, parce que j’étais seule dans mon « combat » : A. n’y participait pas, et personne n’était au courant autour de nous (à part cette amie à qui j’en ai parlé qq mois avant la séparation , et qui n’a malheureusment pas su comment m’aider, nous aider, sauf qu’elle a continuer de nous côtoyer ensemble, malgré son dégôut de lui, parce que je le lui avais demandé) – et donc, forcément, ça a été trop dur pour moi. Et fatal pour notre couple. Mais toi, tu as ce que moi je n’avais pas : la conscience que le comportement de ton compagnon est une maladie, que vous n’êtes pas les seuls à vivre ça, et le forum, et tu sais, « on combat bien ce qu’on connaît bien » - moi, même en situation d’échec, ça me fait qq part du bien de savoir tout ce que je sais de la porno-dépendance aujourd’hui, entre autres grâce au site d’orroz et à ce forum, et qui me manquait tant de savoir quand je le vivais – alors, toi, j’imagine, qui es en plein dedans. Tiens bon, toi aussi, tenez bon, tous les 2. Ceci dit, je ne suis absolument pas convaincue que ça puisse marcher – je n’ai pas encore eu le courage d’aller lire les sujets sur les « succès de sevrage » - le seul dont je sais qq chose, c’est celui d’orroz lui-même, qui l’évoque sur son site – mais j’aimerais bien avoir le témoigange de son épouse, pour voir si elle vit aussi sereinement que son mari l’harmonie retrouvée de leur relation. Pour nous, je veux dire A. et moi, je ne saurai jamais – et je me défends de le regretter – quand c’est trop tard c’est trop tard, quand le vin est tiré il faut le boire, et à l’instar de jozefa, je pense à une chanson « que sera sera, whatever will be will be… »
Quant aux anglais… ma foi spirit, je les adore toujours autant !!!
Don quichotte : oui oui, les victimes, c’est nous – ça j’en suis convaincue.
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Spirit




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 17:20

Ça me chicotte vraiment cette idée de sanctionner le dépendant.

Pas juste parce que j'en suis un, mais aussi à cause des implications que ça apporte.

Le sexolisme étant une dépendance, il faudrait donc sanctionner toutes les personnes atteintes de dépendances (sachant que toutes le formes de dépendances apportent des problèmes similaires au niveau personnel, familial et social.)

Il faudra donc sanctionner les sexoliques
Sanctionner les alcooliques
Sanctionner les toxicomanes
Sanctionner les compulsifs alimentaires (outremangeurs)
Sanctionner les cyberdépendants

Et si l'on connaît la psychologie un tant soit peu, on sait aussi qu'il faudra sanctionner les dépendants affectifs (groupe qui inclut une grande proportion des conjointes de dépendants sexuels) puisque leur pathologie est en tout point semblable à celle des autres dépendants.

Bref, il reste bien peu de gens qui ne méritent pas de sanction. Car nous savons que la dépendance est un fléau pluriforme qui touche toutes les classes de la société, et même à des âges de plus en plus jeunes.

Il faudra donc sanctionner les ados (parfois très jeunes) qui sont déjà accrocs à la drogue et qui mènent la vie dure à leurs parents. Car après tout, tous ces "bourreaux" ne doivent-ils pas faire face à leur responsabilité?

Si la sanction dont tu parles est une aide psychologique, je comprends l'idée et j'y souscrit, même si elle est difficile à appliquer (étant donné que le changement ne peut venir que de la personne concernée et non forcé de l'extérieur). Mais si la sanction dont tu parles se rapproche plus d'une punition, pour faire comprendre à ces bourreaux le mal qu'ils font, je crois qu'on entre dans le jeu du mal (oui oui je me permet l'expression tabou du "mal" car je crois qu'au-delà des croyances individuelles, la dépendances et ces conséquences est l'incarnation du mal)

Je comprends que tu souffres. Cela teinte ta perception de toi-même, des autres, des problèmes que tu vis, des solutions à apporter. Tout est imprégné de cette colère, de cette frustration, de cette déception, de ce sentiment d'être trahie.

Mais à mesure que le pardon germera dans ton coeur, de nouvelles perspectives apparaîtront. Tu arrivera à voir la victime derrière le bourreau. Tu arriveras à voir le blessé derrière l'ennemi. Et les solutions à tout ceci prendront un nouveau visage.

Et éventuellement, alors... tu arrivera probablement à la conclusion que nous entrevoyons tous lorsque nous dépassons nos blessures, c'est-à-dire que la seule solution, c'est l'AMOUR.

Paix

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Jozefa




Inscrit le : 10 Juin 2005
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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 17:20

Ca peut consoler de se voir officiellement reconnu comme victime, c’est effectivement vital dans les cas de viol, d’inceste ou autres violences car ça permet de se reconstruire. OK, et après ? Du bout des lèvres, le condamné demande pardon, mais si sa condamnation le chagrine plus que le tort qu’il a fait, on n’a pas fait avancer le schmilblick.
Dans le cas de dommages psychologiques, c’est encore plus vaseux. On entend : ‘C’est perso, c’est pas mesurable’, voire : ‘Y’a quelque chose en vous qui fait que vous recherchez les emmerdes’ ou bien ‘je ne cherche pas à te faire du mal, si tu as mal, c’est pas mon problème’.
L’obligation de se soigner par un traitement psy, malheureusement, dans les faits, ne marche pas : Le condamné y va à reculons pour qu’on lui fiche la paix, pour atténuer la peine qu’il doit purger ou autres mauvaises raisons. Tant que c’est sous la contrainte, le meilleur psy du monde a peu de chances de succès. Pour qu’une thérapie porte ses fruits, il faut qu’elle soit considérée comme nécessaire par celui qui la suit, non pour les autres, mais pour lui-même. Or, une condamnation, c’est bien pour les autres ou pour que ce qui est reproché ne se reproduise pas, non ?
Face au porno, il me semble que la seule solution, c’est informer, dire quelles peuvent être les conséquences d’une dépendance sur l’addict lui-même. Car l’addict, tant qu’il n’a pas pris conscience de ce que ça lui bouffe, des dégâts que ça occasionne sur lui-même, il n’a pas la moindre idée que ça puisse vraiment nuire à qui que ce soit. Car les autres, le porno-compulsif se demande en quoi ça les regarde ce qu’il fait, devant son écran, de ce qu’il a dans le slip.
Regardez l’émission où se confiait Déclick. Qu’est ce qui a été si frappant pour les autres invités ? C’est la souffrance de Déclick. La sienne. C’est parce qu’il exprimait sa propre douleur, que ça a marqué, que d’autres se sont reconnus et… Tilt.
Imaginez ce soir-là une co-dépendante venant se plaindre du goût de son mari pour le porno. La réaction ? Encore une coincée… Ah la jalousie maladive ! Il a p’têt des raisons son mec… etc.
Faire évoluer les consciences, ça ne peut venir que des (ex) addicts. On compte sur eux, (futurs ex) dépendants ! Là aussi, on les accompagne de tout cœur mais on ne fera pas le boulot à leur place.

lol! ça me chicotait aussi : je vois qu'on a envoyé notre message en même temps ! lol!
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pleiades




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 17:59

désolée pour le chicotage/tement
je savais bien que ça provoquerait des réactions...
jozefa, je t'ai posé la question sur un autre sujet mais apparemment tu ne l'as pas lue : es-tu de nouveau en couple après ta séparation ou es-tu séparée ? où en es-tu ?
"L’obligation de se soigner par un traitement psy, malheureusement, dans les faits, ne marche pas : Le condamné y va à reculons pour qu’on lui fiche la paix, pour atténuer la peine qu’il doit purger ou autres mauvaises raisons. Tant que c’est sous la contrainte, le meilleur psy du monde a peu de chances de succès. Pour qu’une thérapie porte ses fruits, il faut qu’elle soit considérée comme nécessaire par celui qui la suit, non pour les autres, mais pour lui-même. Or, une condamnation, c’est bien pour les autres ou pour que ce qui est reproché ne se reproduise pas, non ?"
je ne sais pas comment tu fais pour être si sûre de toi concernant les traitements sur décision de justice - j'ai entendu des témoignages de soignats et de soignés, qui ne me permettent pas d'être catégorique comme toi sur les résultats des uns et la motivation des autres - mais bon, peut-être as-tu raison.

"Regardez l’émission où se confiait Déclick. Qu’est ce qui a été si frappant pour les autres invités ? C’est la souffrance de Déclick. La sienne. C’est parce qu’il exprimait sa propre douleur, que ça a marqué, que d’autres se sont reconnus et… Tilt."
Désolée, je n'ai plus la TV, volontairement, depuis 15 ans - et j'en suis bienheureuse !!! donc pas vu cette émission (mais entendu parler sur ce forum - c'est celle qui s'appelle on ne peut pas plaire à tt le monde j'imagine ?)

Peut-être spirit a raison aussi, qui me dit que c'est parce que je suis trop cassée que je pense à la sanction - mais sincèrement, je ne crois pas. Je n'arrive peut-être à exprimer ce que je pense de la meilleure façon, mais je crois sincèrement aussi que c'est par là que notre société "pervertie" devrait s'engager pour retrouver un peu de sérénité et de "santé".

A ce stade, j'ai envie de conseiller un livre : "propos sur le bonheur", d'Alain.
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pleiades




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 18:34

hé dis donc, spirit, tu es plutôt gonflé, au fait :
tu écris "paix" et ton image est celle d'un chevalier en armure, qui sont réputés plutôt pour avoir été des héraults belliqueux que des mahatma gandhi - moi, je préfère vous envoyer tous et à toutes vers mon bouddha préféré (c'est le bouddha enseignant, faisant le geste de la prédication - visible au musée guimet à paris, collection corée) : http://www.museeguimet.fr/homes/home_id20407_u1l2.htm
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madeinfrance




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 18:40

çà ne sert pas à grand chose la sanction ,
à mes yeux, le plus important est de demander pardon à un moment de sa vie, et là, la personne ou les personnes concernées peuvent accorder le pardon.Tant que çà reste en berne, pas de pardon possible, et personne n'ira mieux.
Et Spirit, je voulais juste mentionner, que chez moi, il a toutes les dépendances que tu as citées, peut être plus facile de soigner qu'une seule qui renverra vers peut être une autre, au fur et à mesure, mais c'est chargé , crois moi!
bounce
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pleiades




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 18:57

tout à fait d'accord, madein france, le pardon est la chose la plus importante - la compassion aussi (et nous, en tant que co-dépendantes, on sait ce que c'est que la compassion, "souffrir avec"). mais au-delà du pardon, qu'y a-t-il ? je veux dire, j'ai accordé mon pardon à A. quand il me l'a demandé, mais ce pardon a été ensuite bafoué - le pardon doit-il succéder au pardon, encore et encore ? jusqu'où ?
cela rejoint le message que je viens d'envoyer à manue sur un autre sujet (l'après, je crois).
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Spirit




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 19:26

Mais de quel chevalier en armure parles-tu donc, pleiades? Mr. Green

C'est vrai. Dans un sens, la métaphore n'était pas appropriée. Le chevalier use de violence. Il combat, il se rue vers l'ennemi. J'ai utilisé cette approche pendant 20 ans sans résultats.

L'arbre est une meilleure représentation de ma guérison. L'arbre est en pleine communion avec les êtres qui l'entourent. Il croît lentement mais sûrement. Les tempêtes ne le déracinent pas car il a de profonde racines ainsi que des amis arbres pour diminuer la force des vents. Il est fort, beau, splendide, tout en étant humble, sans EGO, il EST, simplement.

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madeinfrance




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 19:29

t'inquiètes! je lis tout, ou presque.
Je suis ok avec toi, si le pardon est à répétition, c'est plus du tout le même mot qu'il faut employer, surtout si c'est pour le même mal.
Pour çà, un njour, y a environ 6 mois, j'avais lu que le pardon était possible à partir du moment ou la personne le demandait.
J'ai donc parlé de tout çà.
Et on s'est demandé pardon mutuellement.
MOI pour ne pas avoir su gérer... tu te rends compte jusqu'ou est allée ma codépendance!
mais j'y croyais un peu.
Depuis, puisque je suis compagne d'un homme qui ne vit que dans le déni, bah je n'ai pas formulé , reformulé ma demande.( je sais que çà se passera pareil)
Le prochain pardon, sera pour celui de la fin de cette dépendance au moins, ou la fin de l'histoire.
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julie




Inscrit le : 20 Sep 2005
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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 21:37

Pleiades, je t'ai répondu dans le post d'Espoir "L'après" Wink

Spirit, c'est bien grâce à toi on a une galerie photos Mr. Green I love you Tu changes tout le temps d'image, cool !
Je voulais te dire, COMBIEN j'apprécie tes messages, et aussi que j'ai trouvé ton post sur les chiens très spirituel ...

Tu es quelqu'un de bien Spirit, j'espère que tu cessera définitivement de devenir un "enfoiré" en rechutant et je crois en toi et en votre couple, après tout ce que vous avez vécu, il ne peut pas en être autrement !
Alors je t'en prie, arrête de faire l'enfoiré !

I love you
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Espoir




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MessageSujet: Re: De la part d'une ex-conjointe   Ven 9 Déc à 21:59

La sanction, je n'y crois pas non plus. On peut sanctionner ce qui est interdit par la loi, mais ce serait vraiment compliqué de sanctionner les ravageurs psychologiques. Car pour être conséquent, cela voudrait dire qu'on pourrait poursuivre en justice quiconque nous cause un tord intérieur...

Dans ce cas là, je devrais me poursuivre moi-même en justice. Oui oui, je me cause souvent moi-même du tord intérieur, par mes aveuglements volontaires, par mes apitoiements, pour toutes les fois où j'ai remis à plus tard l'adoption d'une attitude/habitude que je trouve saine,...

Et aussi, cela pourrait dire que je pourrais être poursuivie en justice pour mes propre tords de co-dépendantes. Car en tant que co-dépendante, pendant que suis dans mon marasme psychologique, je ne me rends pas toujours compte du mal que je fais à autrui. En effet, j'ai souvent été plus sec avec mes enfants, pas autant présente que j'aurais dû, pas toujours à l'écoute, donc pas toujours là pour calmer leurs propres angoisses psychologiques. De plus, j'ai souvent négligées mes amitiés, ma famille, souvent été bête avec les gens qui avaient besoin de moi, etc...

Je sais, à prime abord, on pourrait dire que c'est la faute du dépendant, s'il n'avait pas été dépendant, on se serait pas sentie comme ça et on aurait pas agit comme ça... Mais le dépendant pourrait commencer à dire que ce n'est pas vraiment sa faute, s'il avait eu des parents fonctionnels il n'aurait pas agit ainsi. Et les parents du dépendant pourrait dire que ce n'est pas vraiment leur faute, s'ils auraient été plus instruits, moins pauvres, si l'Église ne les aurait pas obligés à faire des tonnes d'enfants, si la survie n'avait pas été si préoccupante, si la société avait été différente, si si si....

Mais cette déresponsabilisation, ça ne mène pas à des solutions concrètes. Cette déresponsabilisation, voir victimisation, nous laisse dans un état où on subit les choses. On change peut-être parfois de cadre familial, de conjoint, d'entourage, mais au bout du compte on continue de subir les choses... Mais ça devient aliénant je trouve.

J'ai choisit d'accepter ma propre responsabilité dans ma vie. Ce n'est pas facile, même qu'au début, je trouvais ce concept injuste. Mais finalement, c'est la seule façon que j'en suis venue à m'épanouir.

Oui, j'ai des carences affectives parce que mes parents étaient disfonctionnels. Mais je comprends qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu avec ce qu'ils avaient reçu. Et j'ai choisit de pardonner et d'avancer. C'est pas totalement acquis, ça me demande encore de l'effort, parfois j'ai des émotions qui remontent, mais je me sens beaucoup mieux quand même au bout du compte.

Oui, je me suis attirée un conjoint dépendant à cause de mes carences affectives passées. Mais je comprends que je n'étais pas consciente à ce moment-là de cet état. Et j'ai choisit de me pardonner. C'est pas totalement acquis, parfois je m'en veux encore, mais je me sens mieux quand même.

Oui, au fil de ma vie d'adulte, j'ai continué de nourrir mes carences, parce que j'avais un conjoint dépendant qui ne comblait mes besoins émotifs alors que j'aurais voulu qu'il le fasse, qu'il compense pour mon enfance. Aussi parce que je l'ai laissé avoir de l'emprise sur mon monde intérieur, jouer avec mes émotions. Mais je comprends qu'il était lui-même issu d'un milieu aussi disfonctionnel que moi, je comprends qu'il avait autant de carences affectives que moi, je comprends que la dépendance est arrivé dans sa vie comme mécanisme de défense, alors que lui-même ravagé, il avait un besoin intense de survie émotionnelle. Et j'ai choisit de pardonner. C'est pas totalement acquis. Parfois je ressens de la colère envers lui, mais je me sens de mieux en mieux quand même.

La victimisation m'a amené au bord de la crise de nerf, à la limite de la mort et de la folie, la victimisation m'a même mené à la maladie.

Tandis que la responsabilisation m'a donné un pouvoir que je n'avais pas avant. La responsabilisation m'a ramené à la vie. Ce n'est pas facile de se dire qu'on a autant de chemin à faire que l'autre. C'est lui qui nous a blessé, on voudrait donc que ça soit lui qui fasse tout le travail. Et pourtant à penser ainsi on tourne en rond. J'ai moi-même tourné longtemps. Mais à partir du moment où j'ai commencé à travailler sur moi-même, sur ma co-dépendance, sur mes propres carences affectives, eh bien les choses se sont mises à bouger. Il s'est mis lui aussi à s'améliorer sans que je lui aille dit quoique ce soit.

Je regarde mon chemin par rapport à celui de ma mère et je suis fière de moi, fière d'avoir eu le courage de faire ce travail. Et voir ma mère m'a aidé à avoir ce courage.

En effet, malheureusement, ma mère a choisit la victimisation. Elle a des blessures parce que son père ne l'a pas aimé comme elle aurait voulu, parce qu'il était violent, qu'il avait une maladie mentale, qu'il était multi-dépendant... C'est aussi la faute à sa mère qui n'a pas été une mère comme elle aurait voulu... C'est la faute à ses soeurs dont elle s'est toujours sentie rejetée. C'est la faute à mon père biologique, ce salaud qui l'a abandonné adolescente avec un bébé. C'est la faute de tous les hommes qui ne pensent qu'au sexe.

Puis elle s'est mariée et s'est trouvé une nouvelle source de victimisation. C'est la faute à son mari qui boit, qui travaille trop, qui la laisse toute seule, qui peut-être la trompe, qui ne s'occupe pas assez de ses enfants.

Puis elle a divorcée après 15 ans. Et ça a quand même continué, c'est la faute de ses ados qui sont insupportables, c'est la faute de ses nouveaux conjoints, c'est la faute de la maladie,...

Même divorcée depuis 10 ans, elle ressasse ses mêmes accusations. Si son ex-mari ne lui avait pas pourri la vie, elle n'en serait pas là... Elle lui a tout donné, elle l'a construit, elle s'est vidée. Et lui n'a jamais eu de gratitude... Pire, parfois elle imagine qu'il complote contre elle...


Or, tout ceci est sa perception des choses. Dans la réalité, c'est tout autre. Oui, elle vient d'un milieu disfonctionnel. Ça reste pareil. Mais quand on regarde plus loin on comprend. Son père était analphabète, pauvre, venant d'un milieu disfonctionnel. En se tuant à faire vivre sa famille, il fait un burn-out qui a été mal traité pour l'époque et qui a viré en maladie mentale. Il s'est mis à boire pour oublier qu'il était fou, envenimant le climat familial. Sa mère a dû négocier avec la situation et passer beaucoup de temps à faire en sorte que ses enfants ne manquent de rien. Elle a donc été moins présente qu'elle aurait pu.

Puis adolescente, ma mère a cherché à comblé ses carences affectives dans les bras des hommes. Elle avait plusieurs partenaires en même temps, si bien que mon père biologique n'a jamais été convaicu qu'il était mon géniteur.

Les soeurs de ma mère font encore aujourd'hui de grands efforts pour l'accepter. Or, elle agit souvent de façon à ce qu'on la rejette, puis s'en plains ensuite.

Son mari n'était pas parfait. Mais elle non plus. Elle était très controlante (comme beaucoup de co-dépendante) et par orgueil n'a jamais voulu accepter sa part de responsabilité. Avec les années, elle s'est mis à s'en conter, rendant les choses beaucoup plus pires qu'elles étaient. Elle a commencé à tromper son mari (retour vers sa dépendance sexuelle) soi-disant pour se consoler. Elle délaissait ses enfants de plus en plus pour consoler sa propre peine qu'elle nourrissait. Plus elle devenait absente, plus elle négligeait famille et maison, plus son mari se réfugiait dans ses dépendances (alcool et puis drogue) et dans le travail. Donc, plus il faisait ça, plus elle était malheureuse, plus elle fuyait dans ses propres dépendances. Résultat: des enfants qui n'ont pas de parents vraiment.

Elle se surprend donc ensuite lorsque ses enfants commence à faire fugue (à 10 ans), tentative de suicide, deviennent délinquants, toxicomanes, voir même incontrolables. Au lieu de voir leurs carences et de les y aider, elle s'en sert pour victimiser à nouveau. C'était devenu tellement habituel chez elle qu'elle ne s'en rendait pas compte. Par exemple, lorsqu'à 15 ans j'ai voulu me suicider et que mes amis s'en étant aperçu sont venu lui dire que j'avais avalé plein de pilules, elle est arrivée et m'a engueulé devant tout le monde pour ce que JE lui faisais vivre. Ça peut aller loin la victimisation, au point de ne pas reconnaître que son enfant appel à l'aide parce qu'on n'a pas su être présent.

Donc, même après son divorce, elle victimisait en s'appuyant sur ses enfants. Une fois, après une catastrophe naturelle, je l'ai accueilli chez moi dans mon petit appartement. Elle m'avait envahit de ses affaires, de ses meubles et on devait vivre comme si on était chez elle. C'était en train de ruiner mon couple. Un soir, on a descendu ses meubles dans le sous-sol, avec beaucoup de précaution et on a remonté les nôtres. On lui a laissé seulement sa chambre pour ses affaires. À son retour, elle est entrée dans une colère monstre. On lui a alors dit soit qu'elle acceptait la situation ainsi, soit elle allait vivre ailleurs. Elle s'est mis à me gifler et à être très violente et agressive. On est parti quelques jours et on lui a demandé de se calmer et de faire son choix. Eh bien, elle a déménagé en grandes pompes, avec un coût bien trop élevé que ça aurait dû et m'a reproché longtemps de l'avoir mis dans la misère. Encore aujourd'hui, elle parle de la fois où je l'ai mis à la rue, elle qui m'avait tout donné. Mais elle dit qu'elle me pardonne. Boulet Mais bon j'ai lâché prise, elle comme ça. N'empêche qu'elle s'en raconte pas mal à force de victimiser.

Puis elle a continué de s'attirer des conjoints dépendants et disfonctionnel. Ça nourrit encore ses victimisations. Mais elle en a rajouté... Elle est devenue malade et je crois qu'elle s'est créé sa maladie à la longue, à force de rester dans des états psychologiques lamentables. Et elle a commencé à empirer sa maladie, à se servir de ça pour faire pitié. Et elle continue de dire que c'est son ex-mari qui l'a rendu malade, que c'est ses ados qui l'ont fait vieillir prématurément. Elle a 43 ans et depuis 5-6 ans, elle nous parle que sa vie achève, de ses vieux jours qu'elle voit proche...

Puis la maladie mentale s'est mêlée de la partie. À force de rester dans des états dépressifs et à force de déformer la réalité, de l'emplifier, son mauvais trait de caractère est devenue une maladie. Elle souffre parfois de paranoia, s'imagine que le gouvernement lui en veut, que son ex-mari complote contre elle pour la mener au suicide et surement toucher une assurance xyz, etc... Elle a même déjà pensé qu'on était (les enfants) de connivence avec lui, le jour où on l'a amené consulté en psychiatrie, contre son gré.

Alors, la victimisation, NON MERCI! Ma mère est peut-être un cas extrême, mais je me dirigeais droit sur ses traces, il y a quelques années. Je m'en suis aperçue et j'ai fait volte-face!

La responsabilisation, ce n'est certes pas facile, mais je crois que ça mène à la liberté intérieure. Et j'ai déjà fait un bout de chemin qui me permet de regarder le tout avec recul et de me dire que j'ai fait le bon choix. J'en vois les résultats. Je suis donc encouragée à continuer ainsi. En aucun cas je n'ai envie de retourner dans mes comportements d'avant où je me sentais dépassée, anéantie, ravagée et où je voyais mon conjoint comme le méchant s'en prenant à une pauvre innocente.

Les choses sont loin encore d'être par