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contribution à l'étude de la toxicomanie

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john warsen




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MessageSujet: contribution à l'étude de la toxicomanie   Lun 26 Sep à 23:24

extraits de "dictionnaire des drogues, des toxicomanies et des dépendances"
Denis Richard, Jean-Louis Senon, Larousse 1999

SOUS LE REGARD DU PHILOSOPHE

Il n'y a pas à proprement parler de discours philosophique classique sur les conduites toxicomaniaques, puisque le personnage de l'intempérant, de l'ivrogne ou du dépendant chronique a toujours été mis hors champ de la tradition philosophique.
Il existe en effet une constance dans la philosophie occidentale, qui est faite de méfiance vis-à-vis de l'expérience des sens ainsi que des passions qu'elle engendre. Platon enseigne que le désir, par sa nature même, est destiné à rester inassouvi. Fondamentalement ascétique, cette tradition éthique et philosophique envisage le plaisir de façon négative, puisqu'il n'est que sédation de la douleur. La philosophie antique enseigne que le désir est insatiable, alors que chez les Pères de l'Église le désir lui-même est déjà péché puisque le plaisir de désirer est volupté. L'image d'un plaisir certain, bien que virtuel, entraîne une jouissance réelle. Cette analyse de la jouissance dans l'exacerbation du désir éclaire bien la problématique des toxicomanes dans leur quête compulsive et paradoxale du plein et du vide. Il existe en effet un plaisir d'anticipation dont parlent les toxicomanes, qui vient s'intriquer avec la tension douloureuse engendrée par le manque.

La clinique des toxicomanes enseigne que ce qui est recherché est toujours de l'ordre de l'excès, puisqu'il s'agit d'une « clinique de l'intensité » (Claude Olievenstein, 1981), fort éloignée de la théorie du « juste milieu » prônée par le philosophe grec Aristote (384-322 avant J.-C.), ou des vertus de modération enseignées par tous les philosophes rationalistes, des stoïciens à Kant, en passant par Descartes et Spinoza.

Pour ces philosophes, les passions sont le signe de la dépendance et de l'esclavage de l'homme. Pour Kant (1724-1804), il est dans la nature de l'homme de pouvoir, par sa décision, se constituer comme sujet libre, refuser la passion et vouloir seulement la réalisation de la loi morale, porteuse d'universalité.

En revanche, pour Hegel (1770-1831), « rien de grand ne se fait sans passion ». Mais c'est surtout avec un penseur comme Nietzsche (1844-1900) que la philosophie moderne a donné à l'excès, à la démesure et à l'ivresse leurs lettres de noblesse, en renouant avec la vision du monde des tragiques grecs et des présocratiques. Pour Nietzsche, la philosophie doit constituer une « transmutation de toutes les valeurs >>. Le philosophe doit se situer « par-delà le Bien et le Mal », abandonnant aux faibles la morale judéo-chrétienne, basée sur le ressentiment. Le philosophe doit apprendre à danser, à rire, à boire, comme le voulait Dionysos . «Dans l'état dionysien,tout le système émotif est irrité et amplifié » et cette catégorie de l'ivresse. vise une décharge complète des émotions. L'essentiel dans l'ivresse, c'est « le sentiment de la force accrue et de la plénitude » c'est la voie royale de la créativité. « Pour qu'il y ait de l'art, écrit Nietzsche dans le Crépuscule des idoles (1888) pour qu'il y ait une action ou une contemplation esthétique quelconque, une condition physiologique préliminaire est indispensable : l'ivresse". Il semble que ce soit là la « philosophie » de nombreux toxicomanes, dans leur quête de l'excès et de l'intensité des sensations.

Philosophie des toxicomanies

La toxicomanie représente avant tout une facon d'être au monde : il ne s'agit pas d'un simple comportement, mais d'une attitude globale devant l'existence impliquant tout un mode de vie. On assiste donc à un « oubli de l'être » - au sens que lui donnait le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) - une mise entre parenthèses du lien social et affectif. Néanmoins, cette forme d'absence au monde va de pair avec une nostalgie de l'absolu, de l'harmonie, de l'accord parfait avec soi-même, l'autre et le monde.

La solution que représente l'expérience toxicomaniaque est en fait une rectification du rapport au monde. La drogue est ce qui permet de rétablir l'illusion d'un accord parfait avec ce dernier. Le toxicomane transforme sa vision de ce qui l'entoure en manipulant ses propres perceptions. Cette réorganisation du rapport à l'extérieur procède d'une démarche active; il s'agit de tentatives de réponses aux angoisses existentielles de l'être humain. Le toxicomane n'arrive pas à faire le deuil de la toute-puissance infantile : il est constamment pris entre les exigences du plaisir et celles de la réalité. Il se heurte aux limites de l'impensable, et en cela son questionnement se rapproche de celui des philosophes.

Pour Kant par exemple, notre connaissance est bornée par l'espace et le temps, et l'être humain ne saurait transcender ce cadre a priori de la sensibilité. Chez le toxicomane, il existe une quête de l'absolu qui passe par un défi lancé aux limites, et notamment à la limite temporelle, marque de notre finitude. Le moment parfait du flash semble en effet échapper au temps, dans la mesure où tout ce qui nous enchaîne au temps nous éloigne de l'absolu. En cela, le toxicomane obéit au principe de plaisir qui gouverne l'inconscient, dont Freud disait qu'il ne veut rien savoir du temps (toujours synonyme de contrainte, de limitation ou de rappel de notre propre mortalité).

A l'inverse, pour le philosophe, le seul fait de se reconnaître dépendant du temps est précisément ce par quoi on peut lui échapper. C'est ce qui constitue notre transcendance d'être pensant.

Le philosophe transcende donc ses limites par la seule conscience qu'il en a. Mais cela ne peut suffire au toxicomane, puisque ce qu'il veut, c'est transcender les limites mêmes de la pensée et du langage. La fusion sans mots avec le toxique va provoquer une disparition à la fols du monde de la vie - le Lebenswelt du philosophe allemand Edmond Husserl (18591938) - et du sujet pensant. L'expérience toxicomaniaque est donc une forme d'absence au monde, dispensant le sujet du souci d'exister.

Le « choix » de la toxicomanie peut ainsi apparaître comme une tentative de réponse à des angoisses métaphysiques, à la difficulté d'assumer la condition humaine.

Le toxicomane s'efforce à sa manière de répondre aux questions universelles posées par l'existence en instaurant un rapport au monde particulier, fait de risque et d'intensité. On repère donc chez les toxicomanes une exigence de vérité et de perfection, un désir d'aller au delà de la banalité quotidienne, un questionnement métaphysique basé sur l'angoisse d'exister.

Le bonheur, la mort, l'existence de Dieu, le temps, la vie spirituelle sont des thèmes récurrents chez les toxicomanes. Dans la mesure où ces derniers s'étonnent, regardent le monde et l'interrogent, ils sont réellement philosophes. Il y a une prise de risque au niveau de la pensée elle-même dans le cheminement métaphysique comme dans l'entreprise toxicomaniaque. Ce risque est celui du vertige, de l'égarement de la raison. Le philosophe, lui, a le recours de la méthode qui va le sauver de l'abîme. Ce fut tout particulièrement le cas pour Descartes, qui mit en œuvre un doute radical. Pour les toxicomanes, la prise de drogues constitue une expérience extrême de la conscience vécue comme une aventure. L'exercice de la philosophie représente aussi une aventure, au sens où les philosophes sont des explorateurs mettant en péril leurs certitudes et leur confort mental. A ce titre aussi, la toxicomanie est une manière de philosophie...
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john warsen




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MessageSujet: la suite   Lun 26 Sep à 23:25

Historicité du questionnement

Dans la théorie élaborée par Freud,la question de la toxicomanie est rarement abordée, sinon de manière épisodique et fragmentaire. Freud s’attache plutôt à rechercher l’origine de la dépendance humaine, qu’il situe aux tous premiers stades de la vie psychique. Cet état de détresse extrème du nouveau-né radicalement dépendant fonde à ses yeux la condition humaine. Avec le recours à la masturbation, la première addiction vient s’ancrer dans le psychisme. Pour Freud, c’est là le besoin primitif. Tous les autres appétits (besoin d’alcool, de morphine, de tabac) ne représentent que des substituts, des produits de remplacement. De même, dans le lien figé qui unit le buveur à son vin, il n’y a pas de véritable accès à la sphère de relation d’objet. Freud voit dans le toxique un Sorgenbrecher, littéralement un « briseur de soucis », destiné à éviter le déplaisir. Il écrit en 1929 « nous ne pouvons nous passer de sédatifs (...) ils sont peut-être de trois espèces(…) de fortes diversions, qui nous permettent de considérer notre misère comme peu de choses, puis des satisfactions substitutives qui l’amoindrissent, enfin des stupéfiants qui nous y rendent insensibles. L’un ou l’ autre de ces moyens nous est indispensable » L’action des drogues procure une jouissance immédiate ainsi qu’un degré d’indépendance à l’égard du monde extérieur. Ce recours à un régulateur de l’humeur d’origine chimique, Freud le connaît bien, pour avoir lui-même consommé de la cocaïne et être sujet au tabagisme.


La psychanalyse à l'épreuve de la toxicomanie

Néanmoins, on peut se demander si l'approche psychanalytique est bien adéquate pour le traitement des toxicomanes, eu égard d'une part à la problématique spécifique de ces sujets, et, d'autre part, à l'indicible de l'expérience de la drogue.

Le toxicomane existe-t-il en tant que tel ? En réalité, « le » toxicomane n'appartient à aucune catégorie psychiquement isolable, puisqu'il n'existe aucun modèle de personnalité unique qui constituerait la personnalité toxicomaniaque. La dépendance vient seulement se greffer sur telle ou telle structure de personnalité, les états-limites représentant un terrain privilégié. On peut mettre néanmoins en évidence un certain nombre de caractères communs aux divers aménagements rencontrés dans la clinique: dépressivité, quête d'identité et difficultés d'élaboration psychique.

Le psychiatrre Claude Olievenstein revendique une spécificité de la toxicomanie et de son approche, qu'il qualifie de « clinique de l'intensité ». Le toxicomane présente, à ses yeux, une part malade et une part non malade puisque chez lui le stade du miroir est en réalité brisé. Chez les sujets dépendants, on assiste à une perturbation du premier moment de la formation du moi, qui se définit par une identification à l'image d'autrui. Le recours à l'addiction constituerait par la suite une tentative « magique » pour pallier le défaut de représentation intériorisée d'une mère adéquate. Ces carences de l'intériorisation se retrouveraient également dans les comportements de type anorexie-boulimie.

Dans le développement normal de l'individu le sujet doit faire passer ses objets d'amour externes, ainsi que les qualités liées à ces objets, à l'intérieur de lui-même: c'est ce que l'on appelle le processus d'introjection.

Pour les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Torok (1978) si ce processus d'introjection ne peut avoir lieu, le fantasme d'incorporation viendra s'y substituer pour réaliser au sens propre ce qui n'a normalement de sens qu'au figuré.
Cela expliquerait ces comportements étranges et frénétiques où le sujet va chercher compulsivement à s'introduire dans le corps les objets les plus divers: nourriture, alcool, aiguille de seringue (kentomanie) toxiques. Cette incorporation forcenée supprime l'angoisse de morcellement en redonnant pour un temps aux sensations corporelles un semblant d'unité. Ces pratiques ont ainsi pu être envisagées comme des tentatives d'autoprotection contre la menace de morcellement psychotique, comme le souligne le psychiatre Aimé Charles-Nicolas (1985): le surinvestissement compulsif du corporel, par la recherche de sensations extrêmes, vient se substituer à la relation d'objet.

La toxicomanie constitue une stratégie possible pour se mettre à l'abri des réactions imprévisibles de l'objet, en tant qu'il est lui aussi un sujet. Avec le toxique, aucune réciprocité n'existe : inerte et dépourvu de sensibilité, il n'est pas à même d'éprouver quoi que ce soit pour qui que ce soit... La blessure du rejet ou de la perte n'est dès lors plus à craindre. Paradoxalement, il s'agit en somme d'établir une relation passionnelle à une chose privée de conscience, plutôt que de risquer d'être abandonné par le sujet aimé.

La rencontre avec l'autre est vécue comme trop dangereuse pour les sujets addictifs. On repère chez eux ce que le psychiatre Philippe Jeammet a nommé (1991) une « néo-relation d'objet addictive ».

La relation duelle étant vécue comme trop menaçante, I'intensité nécessaire au plaisir se trouve évacuée du champ inter-relationnel et déplacée sur le toxique, sur les conduites de risque, sur le jeu avec le manque.

La clinique des toxicomanes est essentiellement paradoxale, et nombre de soignants voient dans le processus de la toxicomanie une dimension autothérapeutique. En effet, le recours au toxique peut être considéré comme une autoconservanon paradoxale, la drogue étant à la fois remède et poison.

Jouir et manquer

À travers la diversité des pathologies addictives, la psychanalyste Piera Aulagnier (1979) repère une même souffrance compulsive accompagnant l'activité de la pensée. Le retour périodique de la douleur du manque entraîne une réapparition des limites corporelles, aiguisant la perception de la réalité: la souffrance constitue ainsi pour le sujet une preuve de son existence. La non-satisfaction du besoin engendré par le manque permet alors d'échapper à la mort psychique. C'est précisément du manque que le sujet a peur, selon Claude Olievenstein (1987), le manque lui même devenant alors objet de désir (ce qui inverse la réflexion classique sur la drogue).

Dans son Séminaire sur l'angoisse (1962-1963), Lacan indiquait déjà qu'il n'y a pas - et pour cause - d'image du manque. Par définition même, le manque ne peut se figurer, et c'est lorsqu'apparaît quelque chose en son lieu et à sa place que le manque vient à manquer et que surgit l'angoisse. La drogue constitue donc en fait, de façon inversée, le révélateur du manque.

Chez le toxicomane, elle viendrait en effet saturer la place vide laissée par le manque. Le moyen le plus efficace de lutter contre l'angoisse serait de se sentir manquant à nouveau. Malgré la nouvelle dépendance ainsi créée, les toxicomanes tentent de réunir les conditions nécessaires à l'émergence du désir, afin de se sentir vivant, dans un jeu perpétuel avec le vide et avec le plein, que la philosophe Giulia Sissa met en relief en soulignant l'ambiguité du vécu de la défonce toxicomaniaque.

Ce n'est peut-être pas à proprement parler le manque en tant que tel que les toxicomanes recherchent, même s'il existe toute une culture de l'expression douloureuse de ce manque. En réalité, il y a peut-être une mise en péril constante de leur satisfaction, de même qu'ils mettent en péril leur corps, leur existence et leur pensée même.

La toxicomanie à l'épreuve de la psychanalyse

La prise de drogues ne signifie pas seulement l'évitement de la douleur et de la frustration. On doit également tenir compte de la recherche positive d'une intensité de sensations dans le plaisir comme dans la souffrance. Le problème essentiel avec la drogue, c'est précisément l'intensité de la jouissance qu'elle procure, et, surtout, son caractère « sauvage » c'est-à-dire hors des limites imposées par la civilisation Dans la théorie lacanienne, l'accès à la jouissance est soumis à une limitation, Lacan s'appuyant sur un paradoxe freudien voulant qu'il soit dans la nature même de la pulsion de ne pas apporter de complète satisfaction.

Dans le cas de la toxicomanie, le sujet a connu une transe indicible, une extase amenée par la fusion avec la drogue. Aucun plaisir ne saura plus la concurrencer. Le problème qui se pose à lui est le suivant: comment alors revenir de si loin ? On mesure dès lors le risque d'échec de la cure psychanalytique, fondée sur la parole, face à l'intensité du lien unissant le toxicomane au flash éblouissant de la poudre. Il semble qu'il faille attendre qu'un vécu de malaise se manifeste pour que le patient devienne accessible au psychanalyste. Il faut que le toxicomane se trouve dans l'impossibilité de gérer sa consommation pour qu'il vienne demander de l'aide. En l'absence d'une semblable ébauche de prise de conscience de la part du sujet toxicomane, on peut s'interroger sur l'utilité d'une proposition thérapeutique quelconque, qui mettrait le soignant dans la position de demandeur. Quoi qu'il en soit, il reste toujours difficile d'engager un toxicomane à renoncer à la jouissance immédiate et prévisible qu'il connaît, pour choisir la voie longue et frustrante d'un traitement psychanalytique.

Sous le regard du psychologue

La compréhension psychopathologique du processus addictif doit permettre de proposer des modèles théoriques en psychologie expliquant le processus à l'œuvre dans la dépendance. Les modèles pharmacologiques (cf. infra), reposant notamment sur l'implication de la dopamine dans l'activation des systèmes de récompense mésolimbiques, ne permettent pas d'expliquer toutes les situations addictives, et l'on demeure fort loin de comprendre ce qui construit dans le cerveau un processus de dépendance.

Les dépendances constituent un phénomène soumis à un déterminisme social et culturel ainsi que, pour certaines d'entre elles, les toxicomanies, à l'avancement des sciences (comme en témoignent l'usage de la seringue à partir du XiXème siècle ou le développement récent des drogues de synthèse). Mais, au-delà des considérations sociales, il est possible de repérer dans le processus addictif une logique de résolution inadéquate d'un problème interne ou externe relevant du champ de la psychologie. D'une façon schématique, il est possible de repérer six modèles psychologiques susceptibles de rendre compte de la dépendance :1) le modèle cognitivo-comportemental, 2) le modèle biopsychosocial de Stanton Peele, 3) le modèle de recherche de sensations de Marvin Zuckerman, 4) la théorie du renversement psychologique de Michael J. Apter, 5) le modèle de gestion hédonique de lain Brown, 6) la théorie générale des addictions et le système d'action d'Enc Loonis.

ps : et le site d'Orroz alors ? ah oui c'est vrai il n'existait pas en 99....
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MessageSujet: Re: contribution à l'étude de la toxicomanie   Lun 26 Sep à 23:43

Merci john !

Je crois que je vais faire un peu de lecture (de ton message)ce soir.
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baz




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MessageSujet: Re: contribution à l'étude de la toxicomanie   Mer 28 Sep à 0:23

WAOUW !!!
En voilà des théories intéressantes (même si parfois un peu opaques pour qui ne maitrise pas bien le langage psy...) , de celles qui n'ont pas fini de me faire gamberger.
Un énième merci à toi John, il y a vraiment de quoi faire avec tout ça, et si l'envie te prend de nous faire un petit résumé à ta manière dans un langage un peu plus compréhensible de tous, n'hésite pas mais bon je t'en demande beaucoup là depuis quelques temps...
Petit "best-of" personnel :

"L'essentiel dans l'ivresse, c'est « le sentiment de la force accrue et de la plénitude » c'est la voie royale de la créativité. « Pour qu'il y ait de l'art, écrit Nietzsche dans le Crépuscule des idoles (1888) pour qu'il y ait une action ou une contemplation esthétique quelconque, une condition physiologique préliminaire est indispensable : l'ivresse". Il semble que ce soit là la « philosophie » de nombreux toxicomanes, dans leur quête de l'excès et de l'intensité des sensations." merde démasqué...

"Pour Kant par exemple, notre connaissance est bornée par l'espace et le temps, et l'être humain ne saurait transcender ce cadre a priori de la sensibilité. Chez le toxicomane, il existe une quête de l'absolu qui passe par un défi lancé aux limites, et notamment à la limite temporelle, marque de notre finitude. Le moment parfait du flash semble en effet échapper au temps, dans la mesure où tout ce qui nous enchaîne au temps nous éloigne de l'absolu. En cela, le toxicomane obéit au principe de plaisir qui gouverne l'inconscient, dont Freud disait qu'il ne veut rien savoir du temps (toujours synonyme de contrainte, de limitation ou de rappel de notre propre mortalité)."
Là on touche vraiment à quelque chose d'essentiel dans cette tentative désespérée de se soustraire aux notions d'espace et surtout de temps.
Tous les porno-dépendants connaissent cette "disparition" momentanée du temps, hypnotisés des heures entières devant des images...

"Le philosophe transcende donc ses limites par la seule conscience qu'il en a. Mais cela ne peut suffire au toxicomane, puisque ce qu'il veut, c'est transcender les limites mêmes de la pensée et du langage. La fusion sans mots avec le toxique va provoquer une disparition à la fols du monde de la vie - le Lebenswelt du philosophe allemand Edmond Husserl (18591938) - et du sujet pensant. L'expérience toxicomaniaque est donc une forme d'absence au monde, dispensant le sujet du souci d'exister."
La dernière phrase me file carément la chair de poule tellement je m'y reconnais...

"Chez les sujets dépendants, on assiste à une perturbation du premier moment de la formation du moi, qui se définit par une identification à l'image d'autrui. Le recours à l'addiction constituerait par la suite une tentative « magique » pour pallier le défaut de représentation intériorisée d'une mère adéquate."
Bon là concrètement je sens qu'il ya quelque chose d'important à saisir mais c'est un peu flou pour moi... Quelqu'un pour éclairer ma lanterne ?

"Le retour périodique de la douleur du manque entraîne une réapparition des limites corporelles, aiguisant la perception de la réalité: la souffrance constitue ainsi pour le sujet une preuve de son existence. La non-satisfaction du besoin engendré par le manque permet alors d'échapper à la mort psychique. C'est précisément du manque que le sujet a peur, selon Claude Olievenstein (1987), le manque lui même devenant alors objet de désir (ce qui inverse la réflexion classique sur la drogue)."
La souffrance comme preuve de sa propre existence...pas facile à entendre mais je sens bien quand même qu'il doit y avoir de ça...

Et enfin last but not least:
"Dans le cas de la toxicomanie, le sujet a connu une transe indicible, une extase amenée par la fusion avec la drogue. Aucun plaisir ne saura plus la concurrencer. Le problème qui se pose à lui est le suivant: comment alors revenir de si loin ? On mesure dès lors le risque d'échec de la cure psychanalytique, fondée sur la parole, face à l'intensité du lien unissant le toxicomane au flash éblouissant de la poudre."
Et oui on est dans la merde, mais bon on peut s'entraider c'est déjà ça...

En tout cas ça va m'occuper encore un bon bout de temps tout ça moi...
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orroz




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MessageSujet: Re: contribution à l'étude de la toxicomanie   Ven 30 Sep à 8:04

Ho là là ! Qu'est-ce qui cause bien ! Ho là là ! quelle intelligence !! Shocked
BULLSHIT comme disent les ricains !
Quand je lis ce genre d'études sur une problématique de la psyché, je ne peux pas m'empêcher d'y déceler des failles. Déjà, un mec qui cite une référence toutes les deux lignes, c'est la preuve d'un besoin de reconnaissance : Ok, tu es intelligent, tu as lu beaucoup, mais vraiment beaucoup de bouquins, tu es un érudit, c'est bon !! Mais "la culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale" Et oui... Mr. Green
c'est aussi la preuve qu'au départ il ne connaissait pas bien son sujet et l'étude lui sert de... sujet d'étude ! Dans ce cas, je ne peux m'empêcher de me le représenter, tournant en rond un livre à la main dans sa bibliothèque, pendant que son gosse chiale parce que le bibi est chaud et qu'il a faim et que son papa n'a pas fini le chapitre qu'il a entamé, pendant que sa femme est allé voir une copine (ou un copain mais cela ne nous regarde pas) parce que son homme ne l'écoute pas quand elle lui cause.
Ce que je veux dire c'est que ça ne vit pas la réalité ce genre d'étude, ça n'est pas en prise avec la réalité des cas rencontrés tous les jours dans un cabinet. A part quatre phrases que baz a mis en évidence, c'est d'un creux, d'un ennui mental mortel. Justement parce que c'est du mental....
Alors, ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez pas tout dans cet article, celui qui l'a écris non plus !
tongue
Attention au piège du mental, car il fait le jeu de l'ego. Et comme votre ego fait le jeu de la "bête", vous risquez de tourner en rond dans votre problématique de base sans jamais trouver de solution. Et pourtant, la solution vous la connaissez : regarder droit devant sans rien regretter.
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john warsen




Inscrit le : 20 Mai 2005
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MessageSujet: béni oui oui   Ven 30 Sep à 10:09

Oui.
Oui !!!!!!!
Et Béni soit ce Oui que j'arrive à dire aujourd'hui !!!!
Car regarder en arrière, c'est replonger son regard dans l'abîme, et « Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi. » (Nietzsche again, excusez-moi pour cette fixette.)
Et nous ne pouvons soutenir son regard sans risquer d'être à nouveau abîmés. Des preuves ? la totalité des témoignages sur le forum.
C'est sans doute pour ça que le bigsmurf il a pas mis le film du elephant sur son nouveau site. Y'a des fragments d'abîme dedans, et on sait qu'il suffit d'un tout p'tit bout (voire pas de bout du tout, beaucoup d'entre nous ont remarqué le fait qu'on fait de l'auto-allumage en phase de sevrage) pour replonger.


le sous-commandant Cousteau
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lamazoni




Inscrit le : 02 Nov 2005
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MessageSujet: Re: contribution à l'étude de la toxicomanie   Ven 18 Nov à 0:01

humm j'ai pas tous lu mais la réponce de M. Orroz (ho grd maitre que je remerci pour son site) m'inspire Jean-Paul Sartre. L'idée avec mes mots : Puisque je touches les livres et le réél je toucherais donc la vérité.
La culture c comme la confiture !
a+
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contribution à l'étude de la toxicomanie

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